Les Courses de Trot

Déroulement d'une Course

Au trot plus que dans d’autres disciplines, il existe de nombreux aléas de course pouvant mettre à mal les meilleurs analyses et pronostics. Disqualifications, mauvais parcours, départ manqué ou encore gêne d’un concurrent sont tout autant de situations pouvant empêcher un cheval de fournir sa vraie valeur.

Il est donc très important de bien connaître les différentes données et éventualités qui composent le déroulement d’une course afin d’écarter lors de son analyse tout ce qui peut déjà être prévisible.

LE DÉPART

Une fois les derniers échauffements terminés, le «starter» appelle les drivers ou jockeys à se rendre au départ. Au trot, il existe 2 types de départs très différents l’un de l’autre: Le départ à la volte et celui à l’autostart. Sur nos hippodromes français, les 2 modes de départ sont utilisés alors que dans les pays nordiques ou en Italie on utilise principalement l’autostart.

• À la Volte

Le départ volté, parfois avec rendement de distance (recul pour les chevaux ayant le plus de gains) est le mode de départ le plus utilisé en France. Les concurrents n’ont pas de place attribuée à l’avance, et les drivers doivent partir de façon synchronisée.

La volte consiste pour les chevaux à venir sur la piste depuis son intérieur tout le long d’une ligne de départ fictive, avant de «volter», c’est-à-dire de faire un quart de tour à gauche (pour les hippodromes corde à gauche) ou à droite (pour les hippodromes corde à droite).

Il existe, selon les hippodromes, deux façons de voir si personne ne «vole» le départ. Une cellule laser ou un élastique (moins usité). Si l’un des partants s’élance trop rapidement et prend un avantage considéré comme illicite, le départ devra être pris une seconde fois. 

Le faux départ entraîne une dépense d’énergie inutile et un énervement possible du cheval, mais il peut également révéler aux autres concurrents la tactique choisie initialement par le driver ou le jockey.

Sans faux départ, le fait de volter provoque souvent la faute d’un ou deux chevaux. En principe les trotteurs sont souvent plus «sages» derrière l’autostart.

• À L’Autostart

L’autostart est un mode de départ particulier où une voiture est équipée de deux barrières à l’arrière qui servent de ligne de départ pour les chevaux.

Un départ à l’autostart est composé de 2 lignes de chevaux. Juste avant le départ, les chevaux se placent derrière les barrières où sont inscrits les numéros des chevaux de la première ligne. L’autostart roule à vitesse réduite, et lorsque tous les chevaux sont en position et trottent derrière lui, il accélère jusqu’à 52 Km/h. Une fois cette vitesse atteinte, les barrières sont repliées et laissent ainsi place à la course.

IMPORTANCE DES NUMÉROS

La largeur de la piste conditionne le nombre de chevaux d’une ligne derrière l’autostart. On en met 9 à Vincennes ou à Caen, mais 8 à Enghien ou 7 à Cabourg.

Prenons l’exemple de Vincennes pour expliquer le fonctionnement applicable aux autres hippodromes:

Les 9 trotteurs les plus riches en gains sont installés en première ligne derrière la voiture d’autostart. Une fois ce premier «tri» effectué, les places en première ligne à savoir du numéro 1 au numéro 9 sont ensuite tirées au sort. Les autres chevaux les moins riches sont quant à eux installés en seconde ligne avec tirage au sort de leur numéro allant de 10 à 18.

Le n°1 est à la corde, le n°9 à l’extérieur, et les n°10 à 18 sont placés de la même façon derrière les chevaux de la première ligne.

Les éléments de la première ligne partent avec un avantage certain. Il est dit que les meilleurs numéros sont entre le 3 et le 6. Avoir l’as au contraire, est considéré par bon nombre de professionnels comme un numéro piège. Si le cheval ne part pas rapidement, il peut vite se faire «avaler» par le peloton et être «emmuré».

Statistiquement, les numéros 3-4-5-6-7 obtiennent les meilleurs taux de réussite, viennent ensuite les numéros 8 et 9, puis les numéros 1 et 2. Les chevaux en deuxième ligne obtiennent de moins bons résultats et les numéros 10 et 11 sont les plus défavorables.

Dans les pays nordiques ou en Italie, on utilise principalement le départ à l’autostart, ce qui peut avantager quelques concurrents étrangers venant courir en France avec ce mode de départ.

PARCOURS ET TACTIQUES DE COURSE

Après le départ, chaque cheval prend sa place dans le peloton. Certains chevaux préfèrent prendre la course à leur compte et aller de l’avant, d’autres préfèrent courir «cachés» afin de sortir du peloton au dernier moment et ainsi faire parler leur vitesse sur un déboulé.

PARCOURS & TACTIQUES DE COURSES EN DÉTAILS

1. LE CHEVAL «TÊTE ET CORDE»: Le cheval en tête de course se trouve «tête et corde», c’est à dire qu’il est à l’avant du peloton et le plus près de la corde. Cette position est privilégiée par certains drivers car elle permet d’avoir les cartes en mains et parfois «d’endormir le peloton» ou de «cadenasser la course» afin d’accélérer au moment opportun.

2. AVOIR LE BON PARCOURS: On dira souvent d’un cheval évoluant juste derrière le leader qu’il a un très bon parcours. En effet, il évolue caché du vent et s’il arrive à se décaler, sa place à l’avant et l’économie d’énergie durant le parcours peuvent lui permettre de participer activement à l’arrivée.

3. LE CHEVAL «NEZ AU VENT» OU «EN ÉPAISSEUR»Le cheval qui progresse «nez au vent» signifie qu’il n’est pas à l’abri dans le peloton. Pendant la course, les chevaux à la corde sont à l’intérieur de la piste et les chevaux évoluant à l’extérieur sont en deuxième voire troisième épaisseur. Se retrouver tout à l’extérieur du peloton et ainsi évoluer «en épaisseur» peut être handicapant pour faire l ‘arrivée surtout dans une fin de course rythmée.

4. SE FAIRE RAMENER: Se faire ramener en évoluant dans le dos d’un concurrent peut être une bonne tactique de course. Selon le déroulement de la course certains drivers choisissant ou non (recul de 25m) de se retrouver à l’arrière de la course profiteront du sillage d’un cheval progressant «nez au vent» pour se rapprocher de la tête de course sans risquer de se faire enfermer et économisant des ressources pour la lutte finale.

5. LE CHEVAL «ENFERMÉ»Un cheval bloqué au sein du peloton est un cheval «enfermé», il ne pourra jamais «s’exprimer». Cela peut arriver à un trotteur bien placé dès le départ suite à des relais en tête de course, le cheval se retrouve le long de la corde sans jamais pouvoir «trouver le jour».

LA RÉDUCTION KILOMÉTRIQUE

Les courses ne sont pas toujours rythmées de la même façon. Parfois elles vont vite d’un bout à l’autre du parcours ou sinon des «faux trains»(rythmes lents) sont «imprimés», la victoire se jouant sur un sprint. Pour comparer la vitesse des trotteurs dans différentes courses, il faut prendre en compte la réduction kilométrique, c’est la vitesse moyenne du cheval sur un parcours, ramenée au kilomètre.

Attention tout de même: un cheval qui domine de la tête et des épaules une épreuve va parfois préférer contrôler la course et s’économiser sans pour autant battre des records de vitesse.

Bien qu’étant un instrument important et plein d’enseignements notamment pour juger le potentiel d’un cheval, les réductions kilométriques peuvent être tronquées par le déroulement de l’épreuve, la distance de la course, la météo ou par la diversité des hippodromes français au niveau de la taille, de la piste ou du revêtement. Une bonne réduction kilométrique récente est synonyme de forme, mais une réduction moyenne ne doit pas servir à éliminer un cheval.

LA DISQUALIFICATION

Le principe d’une course de trot est très simple. Le cheval doit rester au trot pendant toute la course sans se mettre au galop ou progresser dans des allures irrégulières. Si tel est le cas un trotteur risque d’être disqualifié par les commissaires, officiels chargés de contrôler la régularité d’une course. Un trotteur peut être disqualifié pendant la course mais aussi après enquête.

PARTICULARITÉS DE LA DISQUALIFICATION

Les allures irrégulières et sanctionnées sont:

Le Galop qui signifie tout simplement que le cheval galope.

L’Amble qui est une allure où le cheval se déplace en même temps et dans le même sens, les deux jambes situées d’un même côté.

• Le Traquenard qui signifie que le cheval trotte avec les jambes avant et galope avec les jambes arrière. Cette faute assez fréquente est due principalement à la fatigue.

• L’Aubin qui est une faute très peu fréquente consistant à galoper avec les jambes avant et à trotter avec les jambes arrière.

On recense 2 cas de disqualification dans une course de trot:

DAI  (Disqualifié pour Allures Irrégulières), où le cheval est disqualifié s’il fait 15 foulées irrégulières pendant la course.

DPG (Disqualifié pour avoir atteint le Poteau d’arrivée au Galop), où le cheval ne doit pas faire une seule foulée de galop dans les 200 derniers mètres, ni pas plus de 7 foulées de traquenard ou d’aubin sur cette même distance.

Les allures irrégulières dans la ligne d’arrivée font parfois l’objet d’enquête par les commissaires et entraînent régulièrement des modifications de l’ordre d’arrivée.

Un cheval peut aussi être disqualifié pour empiétement durable lorsqu’il sort de la piste sans y être contraint. Mais encore lors d’un changement de ligne, cette faute consiste à se déporter latéralement en gênant ainsi un autre concurrent. Lorsque les commissaires considèrent qu’un driver a commis une action dangereuse en course, ils peuvent décider de le sanctionner en lui infligeant une mise à pied ou une amende.

Les mises à pieds sont fréquentes chez les drivers, leurs durées peuvent s’échelonner de 1 jour à 1 mois selon les circonstances de courses (chutes, récidives…) Comme en plat ou à l’obstacle, les coups de cravaches sont réglementés au trot et sont passibles de sanctions.

L’ARRIVÉE

A l’arrivée, il est courant d’utiliser la photographie pour départager les concurrents arrivés sur la même ligne. Il arrive rarement qu’il y ait «dead heat», c’est à dire que des concurrents soient déclarés ex-æquo.

Dans un premier temps, l’arrivée d’une course est provisoire, et une fois l’ordre des chevaux bien établi suite à une éventuelle photographie ou enquête des commissaires, elle devient officielle et les rapports des paris sont communiqués.

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